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Je suis maçonne.
Je travaille la matière lourde,
celle qui porte les demeures
et traverse les froids.
Je suis écrivaine.
Je tisse les lettres fines,
celles qui portent les émois
et traversent les cœurs.
Un jour, j’ai voulu créer une symbiose.
Faire dialoguer le mur et le murmure.
Tout commence par un cadre en bois, façonné par un ébéniste.
Dense.
Stable.
Silencieux.
Il tient la forme.
Il porte encore l’odeur sèche des copeaux,
la poussière dorée de l’atelier.
Puis j’y dépose l’argile.
Je la lisse, je l’observe.
Elle cède sous la paume, elle se tend sous la lumière.
Ses nuances apparaissent, ses respirations se dessinent.
Elle contient la mémoire des paysages, le silence des falaises, la patience des saisons.
Je laisse le temps faire son œuvre.
L’argile se stabilise, s’ancre.
Elle devient présence.
Et soudain, un fragment d'argile est devenu espace d'écriture.
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Image générée par IA
Écrire ici, ce n’est pas seulement remplir du papier.
C’est poser des mots contre quelque chose
de plus ancien qu’eux.
C’est inscrire le vivant dans le minéral
C’est faire coexister la pulsation de la pensée
et la permanence
de la matière.
Je ne fabrique pas un simple carnet.
Je construis un refuge pour les mots.
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